– Le jour où tu es arrivée dans notre vie – Deuxième partie

Nous y voilà, nous sommes donc passés en salle d’accouchement. La fameuse salle d’accouchement ! Honnêtement c’est une grande pièce froide, vide, le lit est au fond avec la machine du monitoring à droite et un fauteuil défoncé à gauche. L’anesthésiste m’a posé la péridurale qui fait bien effet, puis Cindy (la nouvelle sage-femme qui a prit la relève de Charlène) nous a dit de nous reposer le temps que Violette entame la descente.

Je suis exténuée ! J’ai l’impression d’avoir couru un marathon; et pour la grande sportive que je (ne) suis (pas) c’est un exploit presque irréel. Je m’installe donc comme je peux, en essayant de ne pas emmêler les huit cents fils de perf/sondes/monitos qui sont autour de moi; mais en voyant Valentin sur son vieux fauteuil semi-assis et dur comme de la pierre, je me dis que je ne suis pas si mal lotie quand même.

Et voilà le début de la nuit la plus loooooongue de notre vie !

Mesdames, Messieurs, si vous êtes à quelques jours de la grande rencontre, je vous conseille de ne pas lire la suite. Si vous la lisez quand même, essayez de vous détendre et de vous répéter qu’il y a bien plus de chance que tout se passe bien pour vous !

Sur le monitoring, les contractions sont toujours aussi fréquentes. Je suis obligé de rester allongée sur le dos car dès que je me mets sur le côté (ce qui aiderai à faire bouger le col), le rythme cardiaque de Violette plonge… Toutes les quarante-cinq minutes environ, Cindy passe pour vérifier mon col. Ce p***** col qui ne s’ouvre pas ! Je suis en demi-sommeil, je textote avec mes copines, je stresse de voir le rythme de cardiaque de mon bébé qui fait les montagnes russes. Valentin, « dort » à côté, comme à son habitude, il préfère ne rien dire pour ne pas accentuer mon angoisse.

Vers quatre heure, Cindy commence à me parler de césarienne. Sous ordre du gynécologue, elle passe par mon vagin, puis mon col pour faire une prise de sang sur la tête de ma fille et ainsi vérifier son taux d’oxygénation. Au vu des résultats, on a encore quelques heures avant de prendre une décision. Mais moi, je n’en peux plus ! Je suis fatiguée, j’ai soif, j’ai froid, j’ai très mauvaise haleine et je suis morte d’inquiétude à l’idée qu’il arrive quelque chose à mon bébé… Si on doit faire une césarienne, je préfère qu’elle soit faite maintenant, dans le calme.

Il est six heure du matin, nouveau changement de garde dans les sages-femmes. Cindy me souhaite bon courage et tente de me rassurer puis Marie prend la relève. Examen du col, et là … ouvert à 6 ! « Et beh voilà, ça bouge ! Il fallait que j’arrive pour que tout s’amorce. Aller elle sera là pour le déjeuner. ».

Mon moral remonte en flèche ! Je vais avoir mon accouchement par voie basse alors ?! Valentin décide de rentrer à la maison prendre une petite douche pour être opérationnel d’ici quelques heures. J’arrive à m’endormir un peu et je suis enfin un peu plus sereine.

8h00 du matin : ouverture à 7. C’est long mais ça bouge.

9h00 : ouverture à 7.

10h00 : 7

11h00 : 7 ; rythme cardiaque de bébé : faible …

11h50 : Le docteur M. entre dans ma chambre. Ce n’est pas le gynécologue qui me suit (je suis là depuis vingt-six heures donc la garde de mon gynéco est terminée). Il décide de me faire une échographie. Valentin est à côté de moi, mais je ne sais plus ce qu’il fait où me dit car les mots du docteur m’assomment. « On part en césarienne en urgence ! ».

Ma fille regarde en l’air, avec les contractions elle s’est coincé dans ma hanche. Elle ne sortira pas si on ne l’aide pas et là il faut aller vite.

On me demande de faire un bisou au papa car il ne pourra pas entrer au bloc avec moi. J’ai froid… Je pleure. A ce moment là je me déconnecte, je n’ai plus aucun raisonnement rationnel. J’ai peur. Ghislain, l’anesthésiste arrive et m’injecte le produit dans le cathéter de la péridurale. En moins de deux minutes je n’ai plus aucune sensation dans le bas de mon corps. On pousse le lit jusqu’au bloc, je vois les lumières qui défilent au dessus de ma tête… Durant le chemin, Ghislain me rassure et m’explique que je vais ressentir l’opération mais pas la douleur. Il sera là et si il y a quoi que soit il fera tout pour m’aider. Je ne le connais pas, mais sa présence m’apaise.

12h00, première incision. Ghislain est derrière moi. Il garde ses mains sur ma tête. On m’a attaché les bras en mode Jésus Christ, et j’ai un bandeau sur le front qui me maintient la tête. Cette vision de moi, entravée et découpée, elle me hante encore… Pourtant Ghislain est toujours là, il me parle. En effet je ressens l’opération ; je lui demande de m’expliquer tout ce qu’il se passe. J’ai l’impression de participer un peu à cet accouchement qu’on est entrain de me voler.

12h26, le gynécologue me dit que le bébé est là. Je ne l’entends pas tout de suite, je retiens mon souffle. Une sage-femme vient enfin à côté de moi et me présente un bébé, mon bébé. J’éclate en sanglot, elle pleure aussi. Je ne la vois pas vraiment, et je n’ai pas vraiment le souvenir de la première fois que je l’ai vu ( a part que j’ai pensé qu’elle avait la peau noire et que ni Valentin,ni moi ne le sommes ?!) … A ce moment là, je sais juste qu’elle est là et qu’elle va bien. Je l’embrasse vite et lui dit qu’elle est belle; puis on l’amène avec son papa dans la nursery.

Je pleure tout le temps où je suis recousu. Ghislain me dit que j’ai était très forte, que j’ai le droit de pleurer et ça me fait du bien.

On me conduit ensuite en salle de réveil. Après avoir attendu vingt-huit heures que ma fille naisse, je dois encore attendre deux heures pour enfin la prendre dans mes bras ! Je dors une petite heure, mais dès que je me réveille je ressens le besoin presque vital d’avoir des nouvelles de ma fille ; l’infirmière me propose alors d’appeler la nursery pour que je puisse parler à Valentin.

Il est avec elle, une sage-femme lui tient le téléphone collé à l’oreille car Violette est dans ses bras et tête son petit doigt. Je pleure à nouveau, cette fois de soulagement. On ne parle pas longtemps mais je lui dis que je les aimes et que dans une heure, nous serons enfin réunis.

Je vois les minutes qui passent lentement sur l’écran d’un ordinateur en face de moi. L’infirmière vient enfin et m’explique qu’elle va me faire une petite toilette ( c’est à dire me passer un gant d’eau froide sur les jambes, le ventre, la moulette qui sont recouverts de bétadine jaunâtre; et m’enlever la poche de sonde urinaire…).

Enfin, deux brancardiers viennent me chercher. Ils ne sont pas très bavards et mon lit se cogne au moins deux fois sur le chemin jusqu’à ma chambre, mais peu importe, je me sens légère et tellement excitée !

Chambre n°208. Je suis seule pour l’instant. Je porte la blouse bleue/verte de la clinique, j’ai une couche qui me remonte presque sous les seins, je sens mauvais (oui oui, je me sens donc là c’est que je pue !). Je commence à vraiment être impatiente car je pensais que Valentin et Violette serait déjà là quand j’arriverai !

Il est quasi 16h00 quand ils entrent enfin. L’homme de ma vie, le père de ma fille, pousse le petit berceau en plastique dans lequel est allongée le plus bel être humain que la Terre n’ai jamais accueillie. Il me sourit, je ne sais plus ce qu’on se dit. Il prend Violette et me la dépose dans les bras ; il sait comme j’en ai besoin. Elle est là, toute minuscule, avec un vieux bonnet jaune très moche (pourtant j’avais bien mis un bonnet dans la sacoche de tenue de naissance !).

Nous sommes le 21 février 2019 et nous entamons la plus belle aventure de notre vie.

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